En 2005, les Français ont rejeté largement le projet de Constitution européenne. La crainte dune libéralisation accrue de léconomie et dune remise en cause de la place des services publics a joué un rôle important dans ce résultat.
De fait, les évolutions en la matière ont été contrastées au plan communautaire depuis les années 80. Un processus progressif de libéralisation des services publics sest engagé et les monopoles territoriaux ont été mis en cause. Mais dautre part, les services dintérêt général (SIG) ont acquis une reconnaissance de plus en plus grande comme « piliers du modèle européen de société » dans les textes communautaires (traité, Charte des droits fondamentaux) et les travaux de la Commission (notamment le Livre Blanc de mai 2004), sous la pression de la société civile et de quelques Etats. Ce mouvement a abouti au projet de Constitution qui permet de garantir les SIG.
Beaucoup pensent quil est temps aujourdhui de sortir des incertitudes dans lesquelles sont les services publics pour définir au plan communautaire un droit positif et créer dans certains domaines des services européens dintérêt général. Se pose notamment la question de la directive cadre sur les services publics, toujours en suspens au niveau de la Commission.
Le service public doit massivement renouveler ses cadres dans les dix ans qui viennent. Le secteur public va se trouver en très forte compétition avec le privé pour recruter des agents de qualité. Disposera-t-il datouts valables pour attirer les meilleurs ? Quelle image donnent de leur carrière les jeunes fonctionnaires ? Leurs missions, leurs rôles aujourdhui répondent-elles aux motivations qui les avaient fait choisir le service public par goût pour la chose publique ?
Quelle motivation peut leur donner la perspective dun parcours professionnel enfermé dans une « carrière maison », sans grand espoir de pouvoir changer dorientation professionnelle, tant les statuts, les régimes indemnitaires et les pratiques à luvre en matière de gestion, convergent pour entretenir cette situation ?
Comment proposer des carrières dynamiques, adaptées à un monde qui ne cessera dévoluer de plus en plus vite ? Comment concevoir une gestion des compétences adaptée à un service diversifié et personnalisé, prioritairement attentif aux plus démunis, aux cas les plus difficiles ?